le journal — compte rendu
Deux jours, deux lieux, deux façons de partager le même travail — retour sur la 22e édition du Festival des arts de Valleyfield.
Il y a des endroits qui semblent faits pour accueillir des œuvres nées de l'eau. Le parc Delpha-Sauvé en est un : posé entre le Vieux canal de Beauharnois et la Baie Saint-François, il porte lui-même les traces de ce que l'eau façonne. C'est là que se tenait, les 8 et 9 août, la 22e édition du Festival des arts de Valleyfield, et c'est là que Francine Jodoin a passé la fin de semaine, entre son kiosque et une salle de l'édifice Jean-H.-Besner.
Deux jours, deux lieux, deux façons de partager le même travail. Voici ce qu'elle en rapporte.
01 — le festivalUn festival, cinq mille regards
Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas encore : le FAV réunit chaque été une cinquantaine d'artistes et d'artisans au cœur de Salaberry-de-Valleyfield. Entrée libre, ateliers gratuits, une joute d'artistes où des œuvres naissent sous les yeux du public, et des milliers de visiteurs qui déambulent entre les kiosques, au bord de l'eau. C'est un rendez-vous que le milieu culturel campivallensien attend, et Francine était fière d'y représenter L'art et la matière cette année.
02 — l'initiationL'initiation à la sculpture : quatre places, pas une de plus
Le samedi après-midi, de 14 h 30 à 16 h, Francine animait une initiation à la sculpture — la création d'un collet décoratif, cette pièce qui habille et transforme un objet en lui donnant une seconde présence.
Quatre participants. C'était voulu.
Elle aurait pu ouvrir plus grand, remplir la salle. Elle a choisi le contraire, parce que la transmission d'une technique ne se fait pas au micro devant une foule : elle se fait main sur main, en corrigeant un geste, en répondant à la question précise que la matière vient de poser. Avec quatre personnes autour de la table, chacune a eu le temps de se tromper, de recommencer, de comprendre — et surtout de repartir avec une pièce qui est vraiment la sienne.
Ce qui frappe toujours Francine dans ces moments, c'est l'instant où quelqu'un cesse de suivre les instructions et commence à écouter la matière. Les mains ralentissent, le regard change. Les participants sont repartis avec leur collet, la technique dans les doigts, et cette découverte que la matière récupérée n'attend qu'une chose : qu'on lui fasse confiance.
C'est le même esprit qui anime les séances de cocréation offertes à L'art et la matière : une journée, aucune expérience requise, une pièce et son histoire à rapporter chez soi.
03 — le kiosqueAu kiosque, les collections à hauteur de regard
À quelques pas de là sur le site, le kiosque de L'art et la matière présentait des œuvres tirées des collections de Francine. Sur les tables et les présentoirs, les visiteurs pouvaient croiser les trois univers du catalogue :
Mémoire d'épaves
Le bois flotté, le cordage et le métal marqués par le temps deviennent les témoins d'un passé qui se poursuit sous une nouvelle forme.
bois flotté · cordage · métal
Éclats de corail
Née de la mer et des voyages, des œuvres qui parlent de ce qui vit sous la surface.
la mer · les voyages
La part des anges
La facette qui surprend souvent : celle des vignobles, de ce qui s'évapore et de ce qui reste.
les vignobles
Chaque pièce portait sa fiche — un titre, un numéro, ses matières, sa provenance. C'est peut-être ce qui a suscité le plus de conversations : les visiteurs ne demandaient pas seulement « comment c'est fait », mais « d'où ça vient ». Et c'est précisément la question que Francine espère toujours entendre.
04 — ce qu'on rapporteCe que Francine rapporte du week-end
Un festival comme le FAV, pour une artiste qui travaille habituellement dans le calme de son atelier et sur rendez-vous, c'est une sortie hors des murs.
Les matières ont beau avoir leur passé, ce sont les rencontres qui leur donnent leur avenir.
Voir des mains inexpérimentées apprivoiser une technique, entendre un visiteur reconnaître dans une pièce un fragment de sa propre histoire : c'est de là que naissent les prochaines œuvres.
Merci aux participants de l'initiation du samedi, qui ont accepté de se laisser surprendre par la matière. Merci aux organisateurs du Festival des arts de Valleyfield et à ses bénévoles, qui font vivre ce rendez-vous depuis maintenant vingt-deux éditions. Et merci à toutes les personnes qui se sont arrêtées au kiosque pour écouter l'histoire d'une pièce.
L'expérience vécue au festival se poursuit à l'atelier, toute l'année.
l'art et la matière — francine jodoin
salaberry-de-valleyfield (qc) · visites sur rendez-vous et sur invitation