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Oeuvre d'art, sculpture, l'art et la matière. Francine Jodoin

Collection - Mémoir d'épave

L'Art et la matière
L'Art et la matière

Mon inspiration a pris naissance dans un paysage que je connais par cœur.

Une plage battue par le vent, le sel, le temps. Là ou le Corfu repose encore, non pas comme une ruine spectaculaire, mais comme une présence discrète, presque humble.
Aux Îles de Ia Madeleine, les plages et les phares portent tous un caractère singulier, une force propre.
Mais parmi eux, c'est cette plage-là qui s'est imposée.
Sans éclat, sans mise en scène.
Une plage qui ne cherche pas à séduire, mais qui demeure.
Ce bateau échoué ne cherche plus à partir.
Il est là.
Offert aux saisons, aux pas des marcheurs, aux silences.
II se délite lentement, sans disparaître tout à fait, laissant au regard des fragments, des lignes brisées, une mémoire inscrite dans la matière.
Devant l’épave, je ne vois pas une fin.
Je vois une histoire qui continue autrement.
Une manière d'exister sans fonction, sans performance, sans destination.
La série de sculptures Mémoire d’épave est directement inspirée de ce lieu précis. De cette plage, de son atmosphère, de ce qu'elle porte en elle.
C'est là que s'est imposée l’évidence : celle de travailler avec les fragments, les corps marqués, les présences silencieuses.
Cette série est nourrie par ce dialogue avec les restes.
Par l’idée que les choses — comme les êtres — portent en elles les traces de ce qu'elles ont traversé.
Que l'usure n'efface pas, mais révèle.
Les sculptures naissent de cette contemplation.
Elles empruntent aux épaves leur lenteur, leur retenue, leur dignité.
Elles deviennent des personnages immobiles, marqués, mais présents.
Des corps qui ont cessé de lutter contre le temps et qui, pour cette raison même,
continuent de tenir.
Mémoire d'épave est ainsi un espace de résonance entre le paysage, Ia matière et l’expérience humaine.
Une tentative de donner forme à ce qui demeure, lorsque tout le reste s’est déjà détaché
Copie de IMG_0785

Errance Magnétique

Quand l’aiguille ne reconnait plus le nord, c’est l'âme qui doit apprendre à naviguer dans le brouillard. La boussole éclatée ne montre plus le chemin; c’est la profondeur de l’être qui saura nous guider.

Copie de IMG_2093

L’instant Suspendu

Cette œuvre évoque l’instant précis, où le destin bascule, où le temps linéaire s’efface pour devenir éternité. Il ne reste que le vertige, l'obscurité et cette étrange sensation de flotter entre ce qui n'est plus et ce qui n'est pas encore. Une lueur fragile refuse pourtant de mourir. C'est elle qui murmure que les plus profondes noirceurs ne sont jamais le dernier mot. Même brisée, l'âme porte encore en elle la promesse de la lumière.

Copie de IMG_1662

Voiles Déchirées

Il y a une grâce dans ce qui cède. Ce que le vent a ouvert, la lumière peut enfin l’habiter. Dans chaque fibre déliée, dans chaque vide laissé par l'orage, c’est un souffle nouveau qui circule. Regarder ces voiles c’est comprendre que d’avoir perdu autant permet enfin de tout laisser passer. La rupture n’est pas une fin, c’est un déploiement.

Copie de IMG_9876

Cordages d’espoir

Quand la mer se déchaîne et que tout semble nous échapper, il ne reste parfois qu’un seul geste, s’accrocher. Fragile en apparence, le cordage devient alors un lien entre ce que nous avons perdu et ce qu'il nous reste à construire. Il porte les marques des tempêtes mais jamais celles de l’abandon. Tant qu’il demeure entre nos mains, l’espoir refuse de sombrer.

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